Juin 2026 : Parution de Notes de charbon, poèmes de Ludivine Joinnot, accompagnés de 5 encres de Roselyne Sibille – Éditions L’Ail des ours (Collection Grand ours / n°34), 2026.
Mai 2026 – Parution de « Quand Dieu voyage » d’Arundhathi Subramaniam, traduit de l’anglais (Inde) par Roselyne Sibille, aux éditions Banyan (édition bilingue).
Un recueil riche et envoûtant.
Prix Sahitya Akademi de poésie (décerné par l’académie nationale des lettres de l’Inde), le tout premier Prix Khushwant Singh au Festival littéraire de Jaipur, ainsi que le Prix international Piero Bigongiari en Italie. Il a également été sélectionné pour le Prix T.S. Eliot.
En embrassant le doute, la représentation de la spiritualité par Arundhathi Subramaniam devient une expression valide de la foi — reflétant ainsi la lutte existentielle moderne visible dans tous les domaines de la vie. « Quand Dieu voyage » présente une vision de la spiritualité fraîche et multifacette : questionnante, inclusive, et profondément pertinente pour les lecteurs contemporains confrontés à des identités fragmentées.
La bhakti chez Subramaniam — en bref
La bhakti est une tradition mystique indienne qui prône une relation directe et passionnée avec le divin, sans intermédiaire religieux. Subramaniam s’en empare pour exprimer une spiritualité féminine moderne, en convoquant des figures comme la poétesse tamoule Andal, et en nouant dévotion ancienne avec féminisme contemporain.
Mais elle y ajoute sa propre signature : le divin n’y est pas un Créateur omniscient, mais un voyageur sans repos — métaphore de la fluidité et du doute. La ferveur bhakti est là, mais débarrassée de tout dogme.
En somme, Subramaniam réactive la bhakti non comme une relique du passé, mais comme un langage vivant pour parler du désir spirituel, de l’identité féminine et de la quête du divin dans une modernité urbaine et fragmentée.
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Arundhathi Subramaniam – « Quand Dieu voyage » – Traduit de l’anglais (Inde) par Roselyne Sibille (édition bilingue)
Dans le recueil vibrant « Quand Dieu voyage », Arundhathi Subramaniam offre une cartographie intime du sacré moderne. Quand Dieu voyage ne célèbre pas la divinité statique des temples, mais celle qui circule — dans le métro bondé, sur les routes poussiéreuses, dans le corps aimé ou abandonné.
Héritière d’une double culture, elle tisse ici des poèmes où l’érotique rencontre le mystique sans la moindre gêne. Son Dieu voyageur n’est ni tout à fait Krishna ni le Christ : c’est une présence insaisissable qui surgit dans l’accident, le désir, la perte. Entre Bombay et une éducation catholique conventuelle, avant de plonger dans la tradition advaita vedanta, la voix se construit à la frontière : là où les appartenances se frottent, et où la spiritualité cesse d’être un décor.
Le ton oscille, avec une maîtrise rare, entre l’ironique et l’extatique. On pense parfois à Rumi traversé par la modernité urbaine, ou à la Subramaniam de Love Without Strain, poussée plus loin dans l’expérimentation formelle. Ces poèmes respirent : ils passent du vers libre concis à des élans prophétiques, toujours portés par une musicalité qui fait écho aux traditions orales de l’Inde, sans jamais s’y réduire.
Ce qui frappe surtout, c’est l’audace d’une voix féminine qui réclame le sacré sans renoncer à sa chair, à sa colère, à ses questions. Ici, l’éveil ne ressemble pas à une fuite du monde : il se donne comme une présence plus ardente — au réel, à l’autre, au tremblement du désir.
Un recueil essentiel pour qui cherche une poésie où l’ancien et le contemporain ne s’opposent pas, mais se font route ensemble.
« Un sentiment d’émerveillement et des contrastes saisissants imprègnent le quatrième recueil de la poétesse indienne. Le sacré côtoie le quotidien, les jeux de mots intellectuels expriment des émotions intenses, et les mythes hindous ancestraux se mêlent à la vie urbaine contemporaine. D’une ampleur époustouflante, l’œuvre aborde la foi religieuse, l’amitié, les amours et les thèmes existentiels. Souvent, elle interroge la poésie elle-même, mais elle reste toujours ancrée dans le physique et le tangible, avec une imagerie visuelle inédite et percutante. Audacieuse et stimulante. » – Juanita Coulson, The Lady